Une maison affichée 850 000 € à Cadaqués coûte en réalité près de 940 000 € le jour de la signature, et mobilise environ 345 000 € de fonds propres si l’acquéreur emprunte auprès d’une banque espagnole. S’y ajoutent ensuite quelques milliers d’euros de charges fiscales chaque année, même lorsque la maison reste vide. Le budget se construit donc en trois blocs distincts – le prix négocié, les frais d’acquisition, la fiscalité de détention – et non en une seule ligne. Voici les chiffres, le calendrier réel et les points de contrôle propres à une commune dont plus de 93 % du territoire reste inconstructible.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Un marché contraint par l’urbanisme, pas par la demande
Cadaqués est l’une des huit communes sur le territoire desquelles s’étend le parc naturel du Cap de Creus, et son plan d’urbanisme préserve plus de 93 % du territoire en sol non urbanisable. Construire sur les pentes supérieures à 30 %, sur les crêtes ou dans les zones de haute valeur naturelle y est interdit. L’offre ne peut donc pas s’ajuster à la demande.
Acheter un bien immobilier à Cadaqués demande de suivre plusieurs étapes, surtout lorsque l’on réside à l’étranger. Il faut définir son budget en tenant compte des taxes et des frais annexes, obtenir un NIE, vérifier la situation juridique du logement, étudier les règles d’urbanisme, négocier le prix, organiser le financement et préparer la signature chez le notaire. À cela s’ajoutent les échanges avec les vendeurs, les banques et les administrations locales, parfois dans des délais assez courts. Pour un acheteur qui préfère éviter les démarches dispersées et les mauvaises surprises, l’accompagnement d’une agence immobilière à Cadaqués permet de centraliser les vérifications et d’avancer plus sereinement.
Dans ces conditions, acheter une maison à Cadaqués relève moins d’une recherche active que d’une veille patiente. Le stock disponible dépasse rarement quelques dizaines de biens, et ceux qui sont correctement situés ne restent pas trois mois en ligne.
Cette rareté se lit directement dans les prix des maisons à Cadaqués, sans équivalent sur le reste du littoral catalan.
| Secteur | Prix moyen affiché | Écart |
| Cadaqués (février 2026) | 6 961 €/m² | référence |
| Province de Gérone (janvier 2026) | 3 030 €/m² | −56 % |
| Blanes, sud de la Costa Brava | environ 2 500 €/m² | −64 % |
Autrement dit, le mètre carré y vaut plus du double de la moyenne provinciale. Pour un investisseur, cela déplace le raisonnement : le rendement locatif devient secondaire, la valeur de revente à long terme devient l’essentiel.
Le prix d’affichage ne représente que 90 % du chèque : les frais annexes
C’est l’erreur la plus fréquente chez les acquéreurs français. En Espagne, les frais ne sont ni intégrés au prix ni financés par la banque.
Dans l’ancien, l’impôt sur les transmissions patrimoniales (ITP) constitue de loin le premier poste. Depuis le décret-loi catalan de juin 2025, il fonctionne par tranches cumulatives, exactement comme l’impôt sur le revenu.
| Valeur du bien | Taux appliqué à la tranche |
| Jusqu’à 600 000 € | 10 % |
| De 600 000 à 900 000 € | 11 % |
| De 900 000 à 1 500 000 € | 12 % |
| Au-delà de 1 500 000 € | 13 % |
Sur notre maison à 850 000 €, l’ITP ressort donc à 87 500 € : 60 000 € sur la première tranche, 27 500 € sur la seconde. Les honoraires de notaire, l’inscription au registre et la gestoría ajoutent environ 2 300 €. Le coût d’achat d’une maison à Cadaqués dépasse ainsi de 10,6 % le prix négocié.
Deux précisions qui changent le calcul. D’abord, la base imposable n’est pas le prix payé mais la valeur la plus élevée entre ce prix et la valeur de référence du cadastre : négocier en dessous du marché ne réduit pas mécaniquement l’impôt. Ensuite, dans le neuf, le régime bascule vers une TVA à 10 % complétée d’un droit d’acte de 1,5 % – soit une charge fiscale légèrement supérieure.
Fiscalité catalane : ce que l’on paie une fois, ce que l’on paie tous les ans
La fiscalité immobilière en Catalogne se lit sur deux plans que beaucoup confondent. Le premier est ponctuel et connu d’avance. Le second est récurrent, plus discret, et c’est celui qui pèse sur la rentabilité réelle d’un actif détenu quinze ans.
Ce qui tombe chaque année, même sans locataire
Un propriétaire non-résident doit déclarer un revenu fictif calculé sur 1,1 % de la valeur cadastrale – 2 % si celle-ci n’a pas été révisée depuis dix ans. Ce revenu est ensuite taxé à 19 % pour un résident fiscal français. Sur une valeur cadastrale de 250 000 €, cela représente un peu plus de 500 € par an. La déclaration passe par le modèle 210, à déposer avant le 31 décembre de l’année suivante.
S’y ajoute l’IBI, la taxe foncière locale, comprise selon les communes entre 0,4 % et 1,1 % de la valeur cadastrale.
Vient enfin l’impôt sur le patrimoine, souvent ignoré des acheteurs français. Un non-résident n’y est soumis que sur ses actifs situés en Espagne, avec un minimum exonéré de 700 000 €. À 850 000 €, une maison de Cadaqués franchit donc le seuil à elle seule.
Un détail mérite l’attention des lecteurs habitués aux arbitrages fiscaux : les résidents de l’Union européenne peuvent opter pour le régime de la communauté autonome où se situe l’essentiel de leurs biens. En Catalogne, ce minimum exonéré régional tombe à 500 000 €. L’option n’est donc pas automatiquement favorable – elle se calcule au cas par cas. Fin 2025, deux arrêts du Tribunal suprême ont par ailleurs étendu aux non-résidents la limitation de cotisation qui ne bénéficiait jusque-là qu’aux résidents.
Au total, comptez de l’ordre de 2 500 € de charges fiscales annuelles sur cet exemple, hors charges de copropriété et assurance. Un budget immobilier à Cadaqués honnête intègre cette ligne dès le départ.

Acheter une maison à Cadaqués : le calendrier réel
Entre la décision et la remise des clés, comptez quatre à six mois. Une part importante de ce délai n’est pas négociable : ce sont des files d’attente administratives.
- Chiffrer les fonds propres réels, frais compris, avant toute visite.
- Demander le NIE. Deux à huit semaines via un consulat espagnol en France, une à trois semaines en commissariat sur place. Chaque acquéreur a besoin du sien, y compris au sein d’un couple.
- Ouvrir un compte bancaire espagnol en documentant l’origine des fonds, conformément aux règles anti-blanchiment.
- Faire valider le financement. Les banques espagnoles prêtent 60 à 70 % de la valeur la plus basse entre le prix et l’expertise, et ne financent pas les frais.
- Vérifier le classement urbanistique de la parcelle avant de s’engager sur un projet de travaux.
- Réunir les pièces juridiques : registre, copropriété, inspection technique, cédula.
- Signer le contrat d’arras. En Catalogne, il relève de l’article 621-8 du Code civil catalan, en vigueur depuis 2018, et non de l’article 1454 du Code civil espagnol. Ce régime autorise notamment le dépôt des arras devant notaire et leur inscription au registre – une garantie réelle, encore peu utilisée.
- Signer l’escritura chez le notaire et régler le solde.
- Liquider l’impôt via le modèle 600 dans le mois, puis inscrire le bien et transférer les contrats d’énergie.
Sept vérifications qui ne figurent dans aucune annonce
- La nota simple, datée de moins de quinze jours, qui révèle le propriétaire réel, les hypothèques et les servitudes.
- Le certificat de dettes de la copropriété et les procès-verbaux des trois dernières assemblées. L’acquéreur répond sur le bien lui-même des impayés de l’année en cours et des trois années précédentes.
- L’inspection technique du bâtiment (ITE), obligatoire dès 45 ans d’ancienneté, et la cédula d’habitabilité en cours de validité.
- Le classement urbanistique exact de la parcelle : sol urbain, urbanisable ou non urbanisable. Il détermine ce que vous pourrez ou non entreprendre.
- Le régime du parc naturel applicable au bien, le plan spécial du Cap de Creus se superposant au plan communal.
- La licence touristique HUT et sa date d’échéance. Cadaqués figure parmi les 262 communes catalanes soumises depuis 2023 à un plafond de dix logements touristiques pour cent habitants, et les nouvelles licences ne sont plus délivrées que pour cinq ans renouvelables.
- La résidence fiscale du vendeur, dont découle une obligation qui surprend presque tous les acheteurs français.
Trois erreurs qui coûtent cher à l’acquéreur français
La retenue de 3 % oubliée. Lorsque le vendeur n’est pas résident fiscal espagnol – cas très fréquent à Cadaqués –, c’est l’acheteur qui doit retenir 3 % du prix et le verser au fisc espagnol via le modèle 211, dans le mois suivant la vente. L’obligation pèse sur l’acquéreur, pas sur le notaire. Sur 850 000 €, cela représente 25 500 € à ne pas remettre au vendeur.
La prime payée pour une licence touristique. Un bien vendu plus cher parce qu’il dispose d’une licence HUT mérite une question simple : quelle est sa date d’expiration, et la mairie la renouvellera-t-elle ? Depuis la réforme catalane, une licence n’est plus un droit perpétuel attaché au bien.
Le projet de travaux qui ne passe pas. Acheter une maison ancienne à Cadaqués avec l’intention d’agrandir, de surélever ou d’ouvrir une piscine suppose de vérifier au préalable la pente du terrain, le classement de la parcelle et les prescriptions du parc. Cette vérification se fait avant l’offre, jamais après.
Arbitrages budgétaires : Cadaqués a-t-il sa place dans un patrimoine ?
La réponse dépend de l’objectif poursuivi, et elle est plus tranchée qu’ailleurs sur la Costa Brava.
Pour un investisseur cherchant du rendement locatif, le calcul est difficile : prix d’entrée élevé, licences touristiques contingentées et à durée limitée, fiscalité de détention non négligeable. Roses ou Empuriabrava offrent une équation plus simple.
Pour un acquéreur raisonnant en valeur patrimoniale, la logique s’inverse. Acheter une maison à Cadaqués, c’est payer une contrainte foncière – et c’est cette même contrainte qui protège ensuite la valeur, puisque aucun promoteur ne viendra diluer le marché. L’arbitrage se joue entre rendement immédiat et rareté durable. Il se pose rarement dans des termes aussi nets ailleurs sur la côte.
Acheter à Cadaqués sans y consacrer six mois
Rien de ce qui précède n’est insurmontable. Mais l’achat d’une maison à Cadaqués demande du temps, se traite en espagnol ou en catalan, et suppose de croiser trois corpus de règles – le droit civil catalan, la fiscalité espagnole et l’urbanisme d’un parc naturel – qui ne dialoguent pas entre eux.
Deux options existent, et le choix relève d’un calcul comme un autre. Piloter soi-même le dossier, en acceptant plusieurs mois de démarches et le risque d’une erreur à cinq chiffres. Ou déléguer la recherche, l’audit juridique et le suivi fiscal à une structure implantée sur place, et ne se déplacer que pour les visites qui comptent. La première option coûte du temps et de l’attention, la seconde des honoraires.
Sur un dossier où une seule ligne oubliée – la retenue de 3 %, une licence expirée, un appel de fonds voté – représente plusieurs dizaines de milliers d’euros, l’arbitrage penche assez naturellement.

