Alsthom Alstom : du nom alsacien au géant du ferroviaire

Ancien logo Alsthom et logo actuel Alstom sur un site industriel ferroviaire
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Alsthom Alstom : du nom alsacien au géant du ferroviaire

Sommaire de l'article

Alsthom et Alstom sont une seule et même lignée industrielle. Alsthom est le nom d’origine, créé en 1928 par la contraction d’Alsace et de Thomson, à la suite du rapprochement entre la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM) et la Compagnie française Thomson-Houston (CFTH). En 1998, la branche GEC Alsthom entre en bourse et adopte l’orthographe simplifiée Alstom, sans le h. Le groupe actuel, spécialiste des trains, métros, tramways et de la signalisation ferroviaire, est donc l’héritier direct d’Alsthom, après près d’un siècle de fusions, de rachats et de recentrages.

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  • Même entreprise : Alstom est le nom actuel d’Alsthom, adopté en 1998.
  • Origine du nom : Als pour Alsace (SACM), Thom pour Thomson (CFTH).
  • Date de naissance : 1928, avec des racines industrielles remontant à 1839 à Mulhouse.
  • Métier aujourd’hui : mobilité ferroviaire, du TGV au tramway en passant par la signalisation.

Alsthom, Alstom : ce que recouvrent les deux noms

La confusion vient surtout de l’écart entre la mémoire collective et la marque d’aujourd’hui. Plusieurs générations de Français ont vu le nom Alsthom sur des locomotives, des turbines ou des plaques de constructeur. Depuis la fin des années 1990, c’est pourtant Alstom qui apparaît sur les rames et dans la presse économique. Il ne s’agit ni d’un concurrent, ni d’une filiale distincte, mais d’une évolution de dénomination au sein d’une continuité juridique et industrielle.

Le mot Alsthom résume à lui seul l’alliance fondatrice. D’un côté, la SACM apporte l’héritage mécanique alsacien, avec ses ateliers de locomotives. De l’autre, la CFTH, créée en 1893 pour exploiter en France les brevets de l’américaine Thomson-Houston, fournit la compétence électrique. Le nom s’est parfois écrit Als-Thom dans les premiers documents, ce qui rend la construction encore plus lisible.

La disparition du h en 1998 accompagne la cotation de l’ancienne GEC Alsthom. Le choix est généralement présenté comme une simplification destinée à un usage international, au moment où le groupe change d’actionnariat et devient une société autonome. La même année, la maison mère française Alcatel Alsthom abandonne d’ailleurs elle aussi la référence à Alsthom pour devenir Alcatel.

Les racines alsaciennes et américaines d’Alsthom

Pour comprendre Alsthom, il faut remonter bien avant 1928. En 1839, André Koechlin fonde à Mulhouse des ateliers qui construisent des machines textiles puis des locomotives à vapeur. En 1872, ces ateliers fusionnent avec ceux de Graffenstaden pour former la SACM.

L’histoire bascule avec la guerre de 1870. L’annexion de l’Alsace-Moselle par l’Empire allemand en 1871 place Mulhouse hors du territoire français. Pour conserver ses clients français, en particulier les compagnies de chemin de fer, la SACM ouvre à partir de 1879 une usine à Belfort, restée française. Ce site deviendra l’un des symboles industriels du groupe et produit encore aujourd’hui des locomotives et des motrices de trains à grande vitesse.

L’autre moitié du nom vient d’outre-Atlantique. Les ingénieurs Elihu Thomson et Edwin J. Houston développent à la fin du XIXe siècle des dynamos, des machines magnéto-électriques et des systèmes d’éclairage. Leur société américaine, Thomson-Houston, sera fondue en 1892 dans General Electric. En France, la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston voit le jour en 1893 et se spécialise dans les moteurs à courant continu, les alternateurs, puis les moteurs à courants alternatifs monophasés, diphasés et triphasés. Cette double origine explique la dimension franco-américaine souvent évoquée à propos d’Alsthom.

Chronologie Alsthom Alstom : les dates qui structurent le groupe

Le parcours du groupe est jalonné de changements de nom qui reflètent chacun une recomposition de l’actionnariat ou du périmètre. Le tableau ci-dessous rassemble les étapes essentielles pour s’y retrouver sans se perdre dans les sigles.

Année Dénomination ou entité Ce qui change
1839 André Koechlin et Cie Ateliers mécaniques à Mulhouse, premières locomotives
1872 SACM Fusion avec Graffenstaden, naissance de la Société alsacienne de constructions mécaniques
1879 SACM Belfort Ouverture du site de Belfort après l’annexion de l’Alsace-Moselle
1893 CFTH Exploitation en France des procédés électriques Thomson-Houston
1928 Alsthom Fusion des activités électromécaniques de la SACM et de la CFTH
1932 Alsthom Absorption de la société Constructions électriques de France
1969 Alsthom (groupe CGE) La Compagnie générale d’électricité devient actionnaire majoritaire
1976 Alsthom Atlantique Rapprochement avec les Chantiers de l’Atlantique
1989 GEC Alsthom Coentreprise entre le britannique GEC et le groupe CGE
1998 Alstom Introduction en bourse et nouvelle orthographe sans h
2015 Alstom Cession de la branche énergie à General Electric, recentrage sur le ferroviaire
2021 Alstom Finalisation du rachat de Bombardier Transport

Derrière ces dates, une logique se dessine. Les fusions des années 1920 et 1930 servent à réunir mécanique et électricité au moment où la traction électrique s’impose sur les grandes lignes. Les décennies suivantes voient le groupe s’élargir à l’énergie, à la construction navale et aux grands équipements, sous l’influence de ses maisons mères successives. La création de GEC Alsthom en 1989 répond à une volonté de taille critique européenne face aux grands constructeurs mondiaux.

Au milieu des années 1990, l’entreprise étend son empreinte en Allemagne avec l’intégration de Linke-Hofmann-Busch (LHB), constructeur historique de voitures ferroviaires. Après 1998, l’entreprise cotée traverse une période difficile au début des années 2000, marquée par une intervention de l’État en 2004 pour assurer son sauvetage financier. Le tournant décisif intervient entre 2014 et 2015 : la vente des activités énergie à General Electric referme le chapitre des turbines et des centrales, et Alstom redevient un pur acteur de la mobilité.

Un projet de fusion avec Siemens Mobility, annoncé en 2017, est bloqué par la Commission européenne en février 2019 au nom de la concurrence. Le groupe se tourne alors vers Bombardier Transport, dont l’acquisition, bouclée début 2021, lui apporte de nouveaux sites, notamment celui de Crespin dans le Nord. Pour les lecteurs qui suivent l’entreprise sous l’angle boursier, ces opérations pèsent lourd dans l’analyse, et la question Faut-il acheter des actions Alstom se pose en tenant compte de cet héritage de restructurations.

Du savoir-faire électromécanique d’Alsthom au métier ferroviaire d’Alstom

Le fil conducteur entre Alsthom et Alstom reste la traction électrique ferroviaire. Dès l’entre-deux-guerres, Alsthom fournit des locomotives électriques et des équipements de traction aux réseaux français, alimentés d’abord en courant continu puis, après la Seconde Guerre mondiale, en courant alternatif monophasé. Le groupe produit aussi des trolleybus, des moteurs industriels, des transformateurs et des alternateurs de centrales.

Le nom reste associé à plusieurs records de vitesse ferroviaire, dont ceux de 1955 avec des locomotives électriques françaises, puis à l’aventure du TGV, mis en service commercial en 1981 avec la SNCF. Côté urbain, les métros sur pneus et sur fer livrés à la RATP, ainsi que les tramways, ont fait entrer la marque dans le quotidien de millions d’usagers.

Le périmètre actuel d’Alstom couvre l’ensemble de la chaîne de la mobilité ferroviaire :

  • Matériel roulant : trains à grande vitesse (gamme Avelia, dont le TGV M), trains régionaux Coradia et Régiolis, métros, tramways Citadis, locomotives.
  • Signalisation : systèmes de contrôle des trains, automatisation des lignes de métro, solutions de gestion du trafic.
  • Infrastructures : électrification, voie, intégration de systèmes complets clés en main.
  • Services : maintenance, modernisation et rénovation des flottes existantes.

Cette gamme, parmi les plus complètes du secteur, distingue l’Alstom d’aujourd’hui de l’Alsthom diversifié d’autrefois. L’ancien groupe touchait aussi aux paquebots, aux turbines et aux réseaux électriques. L’entreprise actuelle s’est volontairement concentrée sur le rail, avec des développements récents comme le train à hydrogène Coradia iLint ou les rames à batteries.

L’ancrage d’Alstom en France, héritage direct d’Alsthom

La présence en France est régulièrement mise en avant par le groupe, et ce n’est pas un hasard. L’histoire même d’Alsthom est liée à un choix territorial, celui de Belfort, et l’entreprise reste l’un des principaux employeurs industriels de plusieurs bassins. Selon sa communication, Alstom compte en France une quinzaine de sites et plus de 12 000 collaborateurs, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers de fournisseurs, souvent des PME régionales.

Chaque usine dispose d’une spécialité reconnue. Belfort conserve les locomotives et les motrices à grande vitesse, La Rochelle (Aytré) assemble des rames TGV et des tramways, Valenciennes (Petite-Forêt) produit des métros et des trains régionaux, Reichshoffen en Alsace fabrique des trains régionaux, Le Creusot réalise des bogies, Ornans les moteurs de traction, Tarbes des composants de traction, Villeurbanne des systèmes électroniques embarqués. Le siège social est installé à Saint-Ouen-sur-Seine, en région parisienne.

Ce maillage territorial forme la base industrielle du groupe dans l’Hexagone. Il représente aussi un enjeu politique, car chaque commande publique de la SNCF, de la RATP ou des régions est scrutée pour son impact sur l’emploi local. Pour qui observe les sites industriels français, Alstom illustre bien la manière dont un savoir-faire ancien se transmet d’un nom à l’autre. Le mot base prend ici un sens concret : ateliers, bureaux d’études et sous-traitants constituent un écosystème difficile à délocaliser.

La recherche et développement complète ce tableau. Une part importante des équipes d’ingénierie du groupe travaille en France, sur la signalisation, la traction, les logiciels embarqués et la conception des futures générations de trains. Le dépôt de brevets, déjà au cœur de la stratégie de la CFTH au XIXe siècle, reste un marqueur de cette continuité technique.

Repères pour citer correctement Alsthom ou Alstom

Pour un professionnel de la communication ou de la veille, l’usage du bon nom dépend de la période évoquée. On parlera d’Alsthom pour les faits antérieurs à 1989, de GEC Alsthom entre 1989 et 1998, puis d’Alstom pour la période qui suit. Écrire Alsthom à propos d’un contrat récent constitue un anachronisme, tandis qu’employer Alstom pour décrire un événement des années 1960 gomme une partie de l’histoire.

Les données financières suivent la même règle : seules les publications postérieures à 1998 concernent l’entité cotée sous le nom Alstom, et l’exercice du groupe se clôt fin mars. Pour comparer des chiffres d’activité dans le temps, mieux vaut s’appuyer sur les communiqués consacrés aux revenus annuel et aux prises de commandes, en gardant en tête que la cession de l’énergie en 2015 et l’intégration de Bombardier en 2021 modifient fortement le périmètre. Depuis 2024, la direction générale est assurée par Martin Sion, qui a succédé à Henri Poupart-Lafarge.

Pourquoi Alsthom s’écrivait-il avec un h ?

Le h provient de Thomson, l’un des deux fondateurs du nom. Alsthom associe les premières lettres d’Alsace et de Thomson, ce qui conserve naturellement la lettre h du patronyme américain.

En quelle année Alsthom est-il devenu Alstom ?

Le changement intervient en 1998, lors de l’introduction en bourse de GEC Alsthom. La nouvelle société cotée prend alors le nom Alstom, plus simple à prononcer et à mémoriser hors de France.

Alstom a-t-il encore un lien avec Thomson ou General Electric ?

Le lien est historique et non capitalistique. La CFTH exploitait des brevets américains à l’origine, et General Electric a racheté la branche énergie d’Alstom en 2015, mais les deux entreprises sont aujourd’hui indépendantes.

Alstom est-il toujours une entreprise française ?

Oui. Le siège est à Saint-Ouen-sur-Seine, la société est cotée à Paris et une large part de sa production et de son ingénierie se trouve en France, même si le groupe opère dans de nombreux pays.

Que signifiait le sigle GEC dans GEC Alsthom ?

GEC désigne General Electric Company, un conglomérat britannique sans rapport avec l’américain General Electric. De 1989 à 1998, il partageait le contrôle de GEC Alsthom avec le groupe français CGE, devenu Alcatel Alsthom.

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Marine Alto
Marine est une passionnée de business et une rédactrice web talentueuse. Elle aime écrire des articles sur des sujets liés aux affaires, tels que la stratégie d'entreprise, le développement des affaires, la gestion de l'innovation et la disruption dans les entreprises. En tant que rédactrice web pour le site Wikio.com, Marine utilise ses connaissances approfondies du monde des affaires pour écrire des articles intéressants et informatifs qui aident les dirigeants d'entreprise et les entrepreneurs à mieux comprendre les enjeux et les tendances du monde des affaires. Elle est reconnue pour son écriture claire et concise, ainsi que pour sa capacité à rendre les sujets complexes accessibles à un large public.
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